Article de France bleu Orléans du 25/05/2018 : ICI

Plus rien ne s’oppose au projet de centre aqualudique d’Orléans !

vendredi 25 mai 2018 à 5:31 Par François Guéroult, France Bleu Orléans

Contacté par France Bleu Orléans, le ministère de la Justice confirme que l’Etat vendra bien à la ville le site de l’ancienne prison, où est envisagé le projet de centre aqualudique, et qu’il achètera bien un terrain aux Groues pour construire un établissement pénitentiaire de type QPS.

Dans l'ancienne maison d'arrêt, cette fresque peinte par des détenus il y a quelques années : incroyablement prémonitoire !
Dans l’ancienne maison d’arrêt, cette fresque peinte par des détenus il y a quelques années : incroyablement prémonitoire ! © Radio France – Document fourni par Corine Parayre

Orléans, France

C’est officiel : il n’y a plus d’obstacle au projet de centre aqualudique que la ville d’Orléans a présenté la semaine dernière en conseil municipal, et qu’elle veut construire à la place de l’ancienne prison, rue Emile Zola, dans le quartier Gare. France Bleu Orléans a joint les services du ministère de la Justice et du ministère de la Culture, qui apportent d’importantes confirmations.

Tout d’abord, le porte-parole de la Chancellerie indique que l’Etat vendra bien à la ville d’Orléans le site de l’ancienne maison d’arrêt, fermée en octobre 2014. Le prix sera fixé par France Domaine, il est en cours d’évaluation. Sachant que le site fait 13 000 mètres carrés, la facture s’élèvera sans doute à quelques millions d’euros, et ce prix ne sera pas discuté par la ville, a déjà fait savoir Olivier Carré, le maire d’Orléans, alors que son prédécesseur Serge Grouard réclamait une vente à 1 € symbolique.

Pas d’intérêt architectural à conserver l’ancienne prison

Deuxième confirmation, livrée cette fois par la Direction régionale des affaires culturelles, aucune procédure de classement n’est envisagée pour le bâtiment lui-même de l’ancienne maison d’arrêt, qui date pourtant de la fin du XIXème siècle. « Les services de l’UDAP, l’unité départementale de l’architecture et du patrimoine, n’ont pas inscrit la prison dans les dossiers de labellisation« , indique la DRAC, d’autant que le site n’est pas en secteur protégé de type AVAP (aire de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine, nouveau nom des ZPPAUP). En clair, rien ne s’oppose à la démolition.

Malgré tout, Corine Parayre, la présidente de l’association Initiative citoyenne 1896 aimerait bien que soient conservés quelques éléments architecturaux, notamment une fresque réalisée il y a une dizaine d’années par des détenus et représentant des nageurs : « Nous avons à cœur de conserver une trace de ce passé, explique Corine Parayre, parce que 122 ans, ça compte dans l’existence d’un quartier. J’ai découvert au cours de visites dans l’ancienne maison d’arrêt une fresque montrant des nageurs : c’est un clin d’œil et une image de liberté dans ce lieu d’enfermement qu’il faudrait vraiment préserver dans le futur centre aqualudique. Se dire que quelqu’un l’a dessinée, et ne pas la préserver, ce serait dommage alors que là, il y a quelque chose, il y a du sens. » Une idée que Corine Parayre compte soumettre bientôt à la mairie d’Orléans, interview complète à écouter ci-dessous :  Interview à retrouver ICI

Le QPS sera bien construit dans le quartier des Groues

Troisième confirmation, enfin : l’Etat accepte la proposition de la ville d’acquérir un terrain dans le quartier des Groues, près de la chaufferie biomasse, le long de la voie ferrée, pour construire un nouvel établissement pénitentiaire. Ce sera un QPS, un quartier de préparation à la sortie, où sont accueillis les détenus en fin de peine, afin de mieux préparer leur réinsertion. La capacité sera de 90 détenus, mise en service prévue en 2022. Une confirmation qui désole Irène Chomiki, la présidente de l’association Pôle Nord, dans ce quartier des Groues : « C’est, à nouveau, un équipement pas très valorisant qui vient sur le quartier. On a le sentiment d’être le fourre-tout de la métropole : dès qu’on ne sait pas où mettre un équipement, il arrive chez nous ! On a eu ainsi la chaufferie biomasse, on nous annonce un transformateur électrique, maintenant une prison… » Très loin, donc, de l’idée initiale de créer un écoquartier : « Nous, ce qui nous intéressait, c’était surtout d’aménager un grand parc de 25 hectares sur les 39 existants, parce qu’on a besoin d’un poumon vert au nord de la métropole. » Interview à retrouver ICI

Pour autant, l’association Pôle Nord n’abandonne pas son ambition ; elle organise une réunion publique vendredi 1er juin, à 20h, dans la salle polyvalente du collège Pelletier, à Orléans.